Le procureur: La grenade assourdissante qui a arraché la main d’un lycéen de 15 ans à Lens est « conforme au mode opératoire »

Le tir de la grenade assourdissante qui a arraché la main d’un lycéen de 15 ans à Lens est « conforme au mode opératoire », selon le procureur de la République de Béthune.

Selon les premiers éléments de l’enquête confiée à l’inspection générale de la police nationale, le membre de la compagnie républicaine de sécurité (CRS) « qui a lancé cette grenade et pour laquelle il est habilité a agi sur ordre de l’autorité de commandement et a procédé à ce tir conformément au mode opératoire préconisé par la documentation de formation », a rapporté le procureur de la République de Béthune, Etienne Thieffry, dans un communiqué consulté par l’Agence France-Presse (AFP).

Lundi, le tir d’une grenade assourdissante a arraché la main gauche d’un lycéen de 15 ans à Lens. Sa main a dû être amputée. L’adolescent est « toujours hospitalisé » et « sera entendu par les enquêteurs dès que le corps médical l’autorisera », a expliqué M. Thieffry. Auditionnée jeudi, la mère de l’adolescent a « déposé plainte pour les blessures subies par son fils », selon le parquet. Contactée vendredi par l’AFP, l’avocate de la plaignante n’a pas souhaité faire de commentaire.

« Il n’existe pas de vidéo à disposition des enquêteurs permettant de visualiser l’explosion de la grenade », a déploré le magistrat, alors que l’enquête cherche aussi à établir si le lycéen a ramassé la grenade ou si elle a atterri sur lui. S’ils n’ont pas d’image de ce moment précis, « l’ensemble des témoignages (…), à l’exception d’un seul, convergent sur le fait que la grenade a été tirée à longue distance (80 mètres) et qu’elle a atterri au sol avant que plusieurs manifestants s’en rapprochent et que l’un d’entre eux s’en empare jusqu’à ce qu’elle explose ».

Cette affaire, parmi d’autres cas de blessures graves de lycéens imputées aux forces de l’ordre, a suscité une vive émotion et des critiques à gauche sur les méthodes de maintien de l’ordre depuis le début du mouvement de protestation des lycéens à la mi-septembre. En réaction, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a ordonné mercredi la suspension de l’usage des grenades assourdissantes face à la mobilisation lycéenne, tant que les circonstances du drame à Lens n’auront pas été éclaircies.

Marine Tondelier; Que se passe-t-il dans ce pays ?

Suite a la main l’avant-bras arraché jusqu’au coude d'un jeune de 15 ans Candidate à l’élection présidentielle, Secrétaire nationale Les Écologistes et Conseillère régionale Hauts-de-France Marine Tondelier a fait un communiqué de presse: 

"Que se passe-t-il dans ce pays ?

Un jeune de 15 ans a eu l’avant-bras arraché jusqu’au coude ce matin à Lens, devant son lycée, par une grenade de désencerclement.
Je suspends mon congé maternité pour être présente demain matin auprès des lycéens du Pas-de-Calais, où je suis élue, et l’après-midi avec les manifestant·es parisien·nes.

Selon les élu·es de la ville que j’ai pu contacter, ce jeune n’était pas en première ligne. Et il n’aurait pas ramassé cette grenade qui lui est tombée dessus.

On me dit également que des parents d'élèves étaient présent·es dès le début de la manifestation pour s’assurer de son bon déroulement, dont apparemment le père de la victime, qui a dû partir ensuite une vingtaine de minutes avant les faits, pour aller travailler. Tout cela est à confirmer.

Ce qui est certain, c’est que les jours de mobilisation se succèdent et que les blessures irréversibles de mineur·es aussi.
Il faut réformer nos lycées mais aussi la doctrine de « maintien de l’ordre » qui – c’est loin d’être la première fois que nous le disons – est remise en question par beaucoup d’expert·es indépendant·es, d’associations et institutions publiques françaises, européennes et internationales.

Politiques de tous bords, nous ne pouvons accepter que nos enfants soient en danger lorsqu’ils portent dans le calme des revendications légitimes et qui ne sont que l’écho de celles de la société, très largement partagées par les Françaises et les Français.

Un maximum de parents et d’élu·es doivent se mobiliser quelles que soient leurs contraintes pour protéger nos enfants, leurs conditions de scolarisation et leur droit d’exprimer leurs revendications et de manifester.

Et ce gouvernement doit le comprendre ou démissionner.
Le fait que le ministre de l’Intérieur se vante de ne donner aucune consigne de retenue aux policiers est une faute politique grave et la preuve d’un manque d’humanité affligeant.

Nous, Écologistes, n’avons aucun problème pour condamner les violences. Systématiquement. D’où qu’elles viennent."


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