Arabie saoudite : un mort dans une nouvelle attaque sur l’aéroport de Riyad, au lendemain de frappes houthistes qui ont fait 13 morts

L’ampleur des attaques visant Riyad ces derniers jours est inédite depuis le début de la guerre au Yémen, en 2014. Les houthistes du Yémen revendiquent des « opérations d’envergure » contre des aéroports et des infrastructures énergétiques saoudiennes. 

Au moins une personne a été tuée dans la nouvelle attaque, dimanche 11 octobre au soir, contre l’aéroport de Riyad, a annoncé l’autorité de l’aviation civile saoudienne.

« L’attaque a tué un résident pakistanais, qu’il repose en paix, et en a blessé 11 autres », a rapporté l’autorité, tôt lundi, sur le réseau X. « Les blessés ont immédiatement été transportés à l’hôpital pour recevoir les soins médicaux nécessaires. L’attaque a également causé des dégâts matériels, qui sont en cours d’évaluation », a-t-elle ajouté.

Cette attaque intervient alors que les houthistes du Yémen ont revendiqué, dimanche, des « opérations d’envergure » contre des aéroports et des infrastructures énergétiques saoudiennes, à l’issue d’une série de frappes dont l’une a déjà fait treize morts, samedi.


Les houthistes pro-iraniens ont dit avoir mené « quatre opérations d’envergure au cours des dernières vingt-quatre heures, utilisant des missiles balistiques, des missiles de croisière et des drones ». Ils ont affirmé avoir ciblé, « en trois phases » à partir de vendredi soir, l’aéroport international de Riyad.

L’ampleur des attaques visant Riyad ces derniers jours est inédite depuis le début en 2014 de la guerre au Yémen opposant les houthistes aux forces gouvernementales, qui bénéficient du soutien militaire d’une coalition conduite par l’Arabie saoudite depuis 2015.

« Ce qui s’est passé (…) n’est pas acceptable », réagit Trump

Outre 13 morts – quatre Saoudiens, deux Bangladais, un Américain, un Égyptien, un Argentin, un Syrien, un Palestinien, un Soudanais et un Indien –, l’attaque de samedi a fait 309 blessés, selon un bilan provisoire, et entraîné l’arrêt des vols. La fermeture de l’aéroport a été prolongée jusqu’à lundi 23 heures (heure de Paris), selon le site de suivi des vols Flightradar24.

La coalition militaire menée par Riyad a dénoncé cette attaque, y voyant « un crime de guerre » auquel elle a promis de répondre « avec fermeté ». Cela constitue la plus meurtrière commise dans le royaume depuis août 2015 et un attentat suicide de l’organisation djihadiste Etat islamique (EI), qui avait fait 15 morts. Malgré des différends diplomatiques avec Riyad, notamment au Yémen, les Émirats arabes unis ont exprimé leur solidarité envers le royaume et leur « soutien à toutes les mesures visant à préserver » sa sécurité.

« Ce qui s’est passé (…) n’est pas acceptable », a réagi le président des Etats-Unis, Donald Trump, samedi, ajoutant qu’il allait examiner une possible participation américaine aux opérations militaires contre les houthistes, et s’entretiendrait avec le prince héritier Mohammed Ben Salman, dirigeant de facto du royaume. Les Etats-Unis n’avaient jusque-là pas donné suite à plusieurs demandes saoudiennes de soutien.

L’ONU, Paris, Londres, Berlin, Doha, Amman, Moscou, Bagdad et Islamabad ont également condamné l’attaque de l’aéroport, qualifiée d’« escalade dangereuse » par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Les houthistes ont également revendiqué des opérations contre des sites appartenant au géant énergétique Aramco : l’installation gazière de Shugadam, et une raffinerie à Tanajib, toutes deux situées dans l’est de l’Arabie saoudite.


Une opération a aussi visé l’aéroport international de Dammam. « La frappe a atteint sa cible directement et a entraîné une perturbation du trafic aérien à l’aéroport », s’est félicité Yahya Saree, le porte-parole militaire des houthistes, dans un communiqué. Selon le site officiel de l’aéroport de Dammam, de nombreux vols ont été signalés comme retardés.

Avertissement aux voyageurs

Dimanche soir, l’autorité saoudienne de l’aviation civile a fait état d’une nouvelle frappe contre l’aéroport de Dammam, précisant qu’une évaluation des dommages était en cours. Un porte-parole de la coalition, le général Turki Al-Malki, a ensuite fait état, sur X, de « l’interception et de la destruction d’un drone dans la région orientale » de l’Arabie saoudite, là où les autorités avaient auparavant signalé l’attaque contre l’aéroport de Dammam.

Un missile balistique des houthistes a, en outre, été intercepté alors qu’il se dirigeait vers Khamis Mushait, ville qui héberge une importante base militaire dans le sud de l’Arabie saoudite, a rapporté, lundi, le porte-parole.

Avec la fin des chaleurs estivales, le mois d’octobre marque généralement le début de la haute saison pour le pèlerinage de la Omra, des millions de musulmans du monde entier affluant vers le royaume. Les houthistes ont renouvelé, dimanche, leur avertissement aux voyageurs, employés et compagnies aériennes, assurant que les aéroports saoudiens n’étaient « pas sûrs, à l’exception » de ceux des villes saintes de La Mecque et Médine.

Les combattants pro-iraniens avaient déjà revendiqué, mercredi et jeudi, des frappes contre l’aéroport de Riyad, qui ont fait six morts au total.

Sur le terrain yéménite, les hostilités se poursuivent après l’offensive éclair lancée en septembre par les houthistes qui ont pris le contrôle sur la mer Rouge du détroit stratégique de Bab Al-Mandab, déclenchant une contre-offensive gouvernementale. Les Houthistes ont dénoncé une « brutale agression saoudienne », faisant état de 124 frappes aériennes depuis samedi contre différents sites du pays, dont la capitale Sanaa, sous leur contrôle.

Le Monde avec AFP


:

Poste similare


Photos de l'article

Video de l'article