La préfecture interdit de manifester dans plusieurs secteurs de Paris, autour de l’Elysée et Matignon notamment
Dans le cadre de cette journée de mobilisation associant « gilets jaunes », étudiants et lycéens, les rassemblements et cortèges qui n’auront pas été déclarés seront interdits de 7 heures à 22 heures, a annoncé la préfecture de police
Le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a pris, vendredi 16 octobre, des arrêtés d’interdiction de manifester samedi dans plusieurs secteurs stratégiques de la capitale, autour de l’Elysée, de Matignon et incluant les Champs-Elysées.
Dans le cadre de cette journée de mobilisation associant « gilets jaunes », étudiants et lycéens, les rassemblements et cortèges qui n’auront pas été déclarés seront interdits de 7 heures à 22 heures, a également fait savoir la préfecture de police.
Concernant l’itinéraire déclaré par l’Interfac IDF, qui prévoyait initialement une arrivée sur la place de la Concorde, la préfecture de police (PP) a jugé que ce n’était « pas acceptable » et a proposé un parcours alternatif, allant de la place de la République à la place de Clichy –, mais ce dernier a été refusé vendredi soir par ce collectif.
S’agissant du second cortège d’ampleur comprenant des « gilets jaunes » et l’intersyndicale, dont le trajet initial avait été également rejeté par la PP, Patrice Faure a fixé comme itinéraire alternatif place de la République jusqu’à la place de Clichy.
Emmanuel Macron lance un appel « au calme »
Aux termes des arrêtés, tous les rassemblements qui pourraient avoir lieu samedi sur l’avenue des Champs-Elysées, la place de la Concorde, la place de la Bourse, la place du Châtelet, le secteur Châtelet-Les Halles, la place de la Bastille, la place d’Italie et leurs abords ainsi que ceux aux abords de l’Elysée, du ministère de l’intérieur, de Matignon, de l’Assemblée nationale, du Sénat, du palais de justice, de la préfecture de police, de l’hôtel de ville et des gares parisiennes sont interdits. Les contrevenants seront verbalisés à hauteur de 135 euros, a prévenu la PP, en soulignant que les arrêtés d’interdiction proposent des itinéraires alternatifs correspondant mieux aux « impératifs de sécurité ».
Emmanuel Macron a lancé vendredi, depuis Bruxelles, un appel « au calme », estimant que le droit de manifester « pleinement respecté » allait de de pair avec « le respect des personnes et le respect des biens, et donc de ne pas insulter et de ne pas casser ».
De son côté, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a dit s’attendre à « une mobilisation assez importante » samedi. Interrogé sur France 2, il a évoqué plusieurs types d’actions prévues : des « rassemblements spontanés », des « manifestations de voie publique », ainsi que « des blocages ». Environ 500 actions sont « envisagées » et plus de 90 manifestations sont « en cours de structuration », a précisé son entourage à l’Agence France-Presse.
Les « gilets jaunes » annoncent un millier d’actions
Le ministre s’attend à « des débordements, dans les cortèges notamment parisiens et dans les grandes villes, que la mouvance d’ultragauche constituée en blocs cherchera probablement à faire dégénérer par des actions habituelles de prise à partie des forces de l’ordre et de tentatives d’exactions sur les parcours », a ajouté cette même source. L’entourage de Laurent Nuñez a prévenu que « les actions de blocage sur des axes structurants et des équipements majeurs, importants, essentiels ne seront pas tolérées ».
Depuis des semaines, des appels à ressortir, le 17 octobre, les « gilets jaunes » emblématiques des années 2018-2019 circulaient sur les réseaux sociaux, mais ils ont enflé ces derniers jours, nourris par la colère des lycéens.
Les principales organisations de jeunesse, mobilisées depuis la mi-septembre pour de meilleures conditions d’apprentissage et contre Parcoursup, ont appelé à rejoindre cette mobilisation. Les organisateurs des marches pour le climat du 26 septembre, la Confédération paysanne, l’intersyndicale des VTC ou encore le syndicat Solidaires s’y sont joints. La CGT a fait savoir qu’elle participera à la mobilisation « partout où les conditions seront réunies ». Les « gilets jaunes » ont annoncé un millier d’actions.
Le Monde avec AFP








