Au Yémen, des frappes houthistes près de l’aéroport d’Aden ; l’Iran nie tout rôle dans les attaques visant l’Arabie saoudite

« L’Iran estime qu’une escalade des tensions ne sert les intérêts d’aucune des parties », a répondu Téhéran aux accusations de Riyad attribuant à la République islamique une part de responsabilité dans l’intensification du conflit par les combattants houthistes du Yémen. 

Les combattants houthistes du Yémen ont revendiqué, vendredi 16 octobre soir, les tirs de deux missiles qui se sont abattus près de l’aéroport d’Aden, ville du sud du pays, où s’est réfugié le gouvernement yéménite, reconnu par la communauté internationale. Les combattants pro-iraniens ont affirmé qu’ils visaient un centre de commandement saoudien. Selon les autorités locales, les deux frappes ont touché le complexe de l’aéroport, mais aucune victime n’a été recensée dans l’immédiat.

Le ministre de l’information yéménite, Moammar Al-Eryani, a dénoncé sur X « non seulement une attaque contre un aéroport civil, mais une menace directe pour la vie des passagers et des équipages, pour la sécurité aérienne ».

Jeudi, les houthistes avaient déjà mené une attaque meurtrière à Aden contre le siège du gouvernement, y frappant en particulier un centre de commandement de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite. L’attaque avait fait cinq morts et 16 blessés.

La coalition a, elle, annoncé avoir neutralisé des frappes au-dessus de l’Arabie saoudite, y compris au-dessus de la capitale, Riyad. « Nous avons intercepté et détruit trois drones dans le Sud et à Riyad (…) ainsi que deux missiles de croisière au-dessus de la mer Rouge », a écrit, sur X, le porte-parole de la coalition, Turki Al-Maliki, précisant qu’un « missile balistique » avait également été intercepté au-dessus de Yanbu, principal terminal pétrolier sur la mer Rouge du royaume, premier exportateur mondial de brut.

Riyad dénonce une « escalade »

L’ampleur des attaques houthistes, visant en particulier les infrastructures pétrolières et les aéroports saoudiens, est inédite depuis le début, en 2014, de la guerre opposant ces combattants rebelles au gouvernement yéménite, soutenu par l’Arabie saoudite. L’aéroport international de la capitale du royaume a été ciblé à 20 reprises depuis le début d’octobre, et des frappes, samedi 10 octobre, y ont fait 13 morts et plus de 300 blessés.

« L’escalade engagée par les houthistes (…) est encouragée par l’Iran », a déclaré, jeudi, le vice-ministre saoudien chargé de la diplomatie, Rayed Krimly, accusant Téhéran de continuer à « armer, entraîner et soutenir » le mouvement.

Le porte-parole du ministère des affaires étrangères iranien, Esmaïl Baghaï, a répondu, vendredi dans un communiqué, en démentant toute implication de Téhéran dans ces attaques. Les houthistes « agissent en fonction de leurs propres intérêts et de leurs propres analyses, affirme le texte. De telles allégations manquent de crédibilité aux yeux de ceux qui connaissent bien les relations entre l’Iran et ses alliés ».

« L’Iran estime qu’une escalade des tensions ne sert les intérêts d’aucune des parties », ajoute le porte-parole, tout en rappelant la proposition de Téhéran de mener une médiation entre les deux camps.

« Catastrophe humanitaire »

Soutenus par l’Iran, les houthistes appartiennent à « l’axe de la résistance », un ensemble de groupes opposés à Israël, qui comprend également le Hezbollah, libanais, le Hamas, palestinien, et différentes factions armées chiites irakiennes.

Dans une déclaration commune, les 15 membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont « condamné avec la plus grande fermeté la poursuite et l’intensification des attaques des houthistes contre le royaume d’Arabie saoudite » et contre « la navigation commerciale en mer Rouge et dans le détroit de Bab Al-Mandab ». Ils ont aussi affirmé, comme en septembre, « le droit inhérent du royaume d’Arabie saoudite à la légitime défense, conformément au droit international ».

Après plusieurs années de trêve relative, la reprise à grande échelle du conflit yéménite en juillet 2026 a ouvert un nouveau front au Moyen-Orient et mis l’Arabie saoudite à l’épreuve.

Dans le même temps, le Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule Arabique, est menacé de « catastrophe humanitaire », a averti le directeur du Programme alimentaire mondial (PAM) dans le pays, El-Khidir Daloum.

Le Monde avec AFP 


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